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Trois randonnées en altitude en Équateur pour se préparer à l’ascension du volcan Cotopaxi!

par Sep 23, 20193 commentaires

Avant même d’avoir mis les pieds en Équateur, on avait déjà dans l’idée de se donner le défi de gravir le sommet du volcan Cotopaxi. Puisque son point culminant est à 5 897 m d’altitude, nous savions que nous avions plusieurs jours d’entrainement en altitude à faire avant de s’attaquer à ce défi physique et mental. On vous explique ici l’importance de se préparer à l’altitude, les randonnées que nous avons faites pour nous acclimater ainsi que les détails techniques de chaque randonnée. Si vous prévoyez monter de hauts volcans en Équateur, cet article est pour vous.

 

Pourquoi se préparer à l’altitude?

Il est primordial de s’acclimater graduellement à l’altitude afin de vivre des expériences agréables et non dangereuses, voire fatales, en montagne. En effet, plus on monte en altitude, moins il y a d’oxygène disponible. Pour vous donner un exemple, au niveau de la mer, il y a 100% d’oxygène disponible, alors qu’au sommet de Cotopaxi à 5 897m d’altitude, il y en a seulement 49%.  Ce qui veut dire que techniquement, au sommet de Cotopaxi, une personne doit inspirer deux fois plus pour avoir la même quantité d’oxygène dans son corps, comparativement au niveau de la mer.

Calculez ici la quantité d’oxygène disponible selon votre altitude.

Il est donc très important d’exposer graduellement son corps à l’altitude afin d’éviter les symptômes indésirables du manque d’oxygène. Certains sont plutôt bénins tels que; maux de tête, étourdissement, fatigue, nausée, vomissement, tandis que d’autres sont majeurs tels que l’oedème pulmonaire ou cérébral, ce qui peut entrainer la mort. Dans de tels cas, il faut redescendre immédiatement à plus basse altitude et contacter les services d’urgence.

L’objectif ici n’est pas de vous faire peur, mais plutôt de mettre l’emphase sur une acclimatation adéquate afin que vous ayez un séjour agréable! En s’exposant graduellement à une altitude de plus en plus élevée, le corps réagit en produisant davantage de globules rouges, les transporteurs d’oxygène. Il devient donc de plus en plus facile de respirer sans trop s’épuiser en haute altitude.

Pour plus de renseignent sur le mal de l’altitude, cliquez ici.

Les trois randonnées en altitude que nous avons faites pour s’acclimater: 

1 – Fuya Fuya

Ce fut notre toute première randonnée en altitude! Situé dans le nord de l’Équateur, près d’Otavalo, il faut parcourir 16 kilomètres de chemin cahoteux en montagne pour atteindre la lagune de Mojanda, situé à 3600m d’altitude. La randonnée commence donc au pied de la lagune et se termine à 4 200m d’altitude.  La montée prend une à deux heures selon votre forme physique. Au sommet, par temps dégagé, il est possible d’apercevoir la ville de Quito et plusieurs volcans avoisinants. Pour notre part, nous n’avons pas eu cette chance, car le sommet était couvert de nuages lorsque nous y étions.

On a tout de même trouvé la randonnée magnifique, particulièrement à cause de la vue sur la lagune. C’était également la première fois que l’on voyait le ‘’paramo’’, un type de végétation que l’on retrouve seulement en haut de 4000 mètres.

Trucs et astuces:

  • Il est possible de camper à la lagune, mais comme il n’y a aucun service, vous devez être 100% autonome.
  • Puisque la lagune est à 3 600 mètres, il faut s’attendre à des températures froides, apportez l’équipement en conséquence!
  • S’il vous plait, si vous allez aux toilettes en nature, soyez responsables et ramassez vos papiers. C’est franchement dégoutant de voir tous les papiers de toilette éparpillés un peu partout au sol.
  • En commençant la randonnée très tôt le matin, vous augmenterez vos chances d’avoir un sommet sans nuages.
  • Prenez votre temps pour faire la randonnée et buvez beaucoup d’eau!

 

2 – Ruco Pinchincha

Située près de Quito, cette randonnée est facilement accessible. Pour s’y rendre, il faut prendre un téléférique (8.50$ US par personne). Celui-ci débute à 3 000 mètres d’altitude et se termine à 4 000 mètres. De là, vous aurez déjà une vue magnifique sur la ville de Quito et les volcans Cayambe, Cotopaxi et Chimborazo. C’est du haut du téléférique que la randonnée vers le sommet de Ruco débute. C’est 4,8 km de marche et près de 650 mètres d’élévation qui vous attendent avant d’y arriver! À cette altitude, un simple petit dénivelé commence à être plus difficile et demande plus de pauses afin de reprendre son souffle. Ça donne le sentiment de ne pas être en bonne condition physique! Comptez deux à trois heures pour atteindre le sommet.

La vue à partir de celui-ci est absolument magnifique. On aperçoit à la fois la ville de Quito et les montagnes environnantes sur 360 degrés. Lorsqu’on y était, on était au-dessus de la ligne des nuages, ce qui donne un effet de hauteur encore plus impressionnant.

À savoir, lors de cette randonnée, nous avons fait quelques erreurs en lien avec l’acclimatation. Puisque le téléférique monte de 1000 mètres et que la randonnée rajoute un 700 mètres de hauteur, c’est difficile pour le corps de bien s’acclimater, car 1700 mètres en l’espace de quelques heures, c’est beaucoup trop. Nous n’avions pas assez bu d’eau et même si la température est plus fraiche en altitude, le soleil était bien présent. Résultat, nous avons eu des coups de soleil!  Après la randonnée, nous avions tous un mal de tête et Catherine avait également des nausées.

Trucs et astuces:

  • Il y a une grande différence de température entre le stationnement du téléférique et le sommet de Ruco. Prévoyez donc plusieurs épaisseurs de vêtements.
  • Apportez et buvez beaucoup d’eau! Les boissons fortes en électrolytes et des collations telles que des mélanges du randonneur peuvent également vous aider.
  • Protégez-vous du soleil.
  • Évitez d’y aller la fin de semaine si vous voulez une randonnée moins achalandée.
  • Les bâtons de marche aident beaucoup, autant dans la montée que dans la descente.

 

3 – Illiniza Norte

Situé à environ 1h00 au sud de Quito, Illiniza Norte est la dernière randonnée d’acclimatation que nous avons faite avant d’entamer le Cotopaxi.  Il s’agit d’un gros projet, avec son sommet à 5 126 mètres. Il est recommandé d’avoir un guide pour accomplir la randonnée. Aussi, il est important de savoir que pour faire cette montagne, il faut d’abord s’enregistrer à un ‘’garde-parc’ sur la route qui mène vers le début du sentier. Il est possible que le garde-parc ne vous autorise pas l’accès si vous n’avez pas de guide, à moins que vous démontriez que vous avez des connaissances en montagne. Pour notre part, nous avons fourni notre passe de la FQME (Fédération québécoise de montagne et d’escalade). Vous pouvez également lui dire que vous désirez simplement vous rendre au refuge (4732 mètres) et que vous ne tenterez pas le sommet.

La route pour se rendre au stationnement près du début de la randonnée est en très mauvais état! Le stationnement étant situé à 4 000 mètres d’altitude, Octave, notre vieux Westfalia s’y est rendu de justesse.

Notre plan pour cette randonnée était de se rendre au refuge, y passer la nuit afin de bien s’acclimater et tenter le sommet le lendemain. Pour se rendre au refuge, malgré les maigres 4.3km à parcourir, il faut compter environ trois heures. À cette altitude et avec l’équipement sur notre dos pour passer la nuit, la montée devient un plus gros défi. La clé est d’aller à son rythme, de prendre son temps, de s’hydrater beaucoup et de ne pas se décourager!

Une fois rendus au refuge, nous avons fait une petite marche de 30 minutes jusqu’à un lac alpin avant de revenir nous réchauffer! Nous avons été épatés de la qualité du refuge pour être si haut en montagne. On y retrouve eau potable, bruleur au propane pour cuisiner, électricité (par génératrice le soir) et eau courante pour les toilettes. Le cout pour y passer la nuit est de 15 $US par personne. Plusieurs lits à étages avec matelas sont disponibles, mais vous devez apporter votre sac de couchage.

Nous nous sommes rapidement rendu compte que dormir en altitude est un défi supplémentaire! Lorsque nous y étions, certaines personnes au refuge ont souffert d’insomnie, tandis que pour notre part, c’est plutôt un léger mal de tête qui était bien présent. Le lendemain matin, la température n’était vraiment pas belle pour tenter le sommet. La visibilité était nulle, car nous étions dans une brume épaisse, il pleuvait légèrement et ventait très fort. Par sécurité, nous avons décidé de rebrousser chemin et de retourner vers le stationnement. Malgré cela, nous avons aimé cette randonnée pour son défi physique et également pour l’expérience de dormir une nuit en altitude.

Le refuge est le point central qui mène à deux sommets; Illiniza Norte et Illiniza Sur. Comme Illiniza Sur est recouvert de neige et de glace, il est beaucoup plus technique et demande des connaissances d’alpinisme. Illiza Norte est plus facile et accessible.

Si vous prévoyez faire la randonnée SANS GUIDE: 

  • La randonnée jusqu’au refuge se fait plutôt bien, elle est très bien indiquée et le sentier se retrouve sur l’application Maps.me et Pocket Earth.
  • Pour atteindre le sommet de Illiniza Norte, certains passages nécessitent de grimper avec les mains. Étant exposé, si vous avez le vertige, il est possible que cela devienne un véritable défi!
  • Pour faire le sommet, apporter un casque, car il y a beaucoup de risques de chutes de roches.
  • Si les conditions ne sont pas excellentes, ne tentez pas le sommet sans guide.
  • Vaut mieux être plus prudent que trop téméraire. Soyez alerte de la météo en montagne. Celle-ci peut changer très rapidement et devenir dangereuse.  

Truc et astuce:

  • Il fait froid au refuge, prévoyez beaucoup de vêtements chauds ainsi qu’un bon sac de couchage.
  • Encore une fois, buvez beaucoup d’eau, de boissons électrolytes et ayez quelques collations énergisantes (pour notre part, on adore les mélanges de noix, barre tendre et bonbons).
  • Apportez  tuque, cache-cou et gants.
  • Les bâtons de marche sont également un grand atout.

 

En résumé:

Pour nous, l’objectif principal derrière ces trois randonnées était de s’acclimater à l’altitude, mais cela nous a aussi permis d’apprécier la beauté des montagnes de l’Équateur. Les vues au sommet (lorsqu’il était possible d’en avoir une!) étaient magnifiques. Nous avons maintenant hâte de nous tester physiquement et mentalement sur un défi de plus grande envergure: le volcan Cotopaxi! 

Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à nous écrire, il nous fera plaisir de vous répondre!

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