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Vivre un mois dans une tribu reculée de l’Inde: l’histoire unique de Cassandre

par | Mar 16, 2017 | 1 commentaire

L’Inde, ce pays mystique qui éveille l’intérêt des voyageurs en quête d’aventure et de dépaysement total. Nous avons rencontré Cassandre, une jeune femme qui s’y est rendu seule pour aller vivre une expérience qui la marquera à vie. Équipée de son sac à dos et de son appareil photo, elle s’est rendue dans la tribu des Apatani, un peuple d’une région très éloignée dans le Nord-Est du pays.  Pratiquement coupé de la civilisation moderne, ils vivent encore aujourd’hui selon leurs traditions ancestrales. Nous lui avons posé quelques questions afin d’en apprendre plus sur cette expédition unique en son genre.

Raconte-nous ton aventure en détail.

 

 

Je suis partie en Inde en sac à dos une première fois avec mon conjoint en 2012. J’étais tombé en amour avec la partie Nord-Est du pays, un endroit très reculé, près de la Chine et du Bangladesh. On y retrouve des tonnes de tribus, dont celle des Apatani, où nous sommes restés 4 jours et ça m’avait beaucoup marqué. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’y retourner pendant un mois, simplement pour aller vivre avec eux et documenter mon expérience par la photo. J’étais surtout intéressée par l’énorme différence entre les générations plus vieilles dans le village et les jeunes qui commençaient à vivre l’influence du monde moderne ainsi que par leur religion propre à eux nommée “Soleil et Lune”, une forme de chamanisme.

 

 

 

Pour pouvoir aller y vivre, j’ai contacté un guide que j’avais trouvé dans le Lonely Planet lors de ma première visite dans la tribu. Avec lui, j’ai pu organiser mon séjour et être hébergé directement dans sa famille.

 

Quelle était ta principale motivation pour accomplir ce projet?

En fait, lors de mon premier passage dans la tribu, j’avais remarqué que la culture traditionnelle était tranquillement en train de se perdre. Les générations plus jeunes commençaient à se construire des maisons en béton au lieu de celles en bambou. J’avais vraiment envie d’y retourner pour capturer, à l’aide de ma caméra, des éléments de leur culture avant qu’ils ne les perdent.

Raconte-nous quelques un de tes moments forts.

Je suis partie un matin avant le lever du soleil pour aller grimper une montagne située aux alentours de Ziro, le village où je restais. À savoir, Ziro est un gros terrain plat garni de rizières, entouré par la jungle, puis par des montagnes. Mon but en arrivant au sommet était de prendre tout ça en photo. Malheureusement, il y avait tellement de nuages qu’on ne voyait rien du tout, j’étais très déçu… jusqu’au moment où un homme, habillé en costume traditionnel Apatani, est sorti de nulle part et m’a laissé prendre des photos de lui, ça a fait mon matin!

Sinon, un autre de mes moments touchants est que j’ai eu la chance de le revoir un homme centenaire que j’avais rencontré lors de mon premier passage à Ziro. Il était vraiment attachant et en plus, dans son cœur, il avait encore 20 ans. Deux ans plus tard, je lui ai remis un portrait de lui que j’avais pris la première fois et il l’a jeté par terre! Il disait que ce n’était pas lui et qu’il ne pouvait pas être aussi vieux! Malheureusement, deux semaines après mon retour au Québec, j’ai appris son décès. J’avais vraiment le coeur gros et en même temps j’étais contente d’avoir eu la chance de le recroiser.

As-tu eu des moments difficiles à surmonter?

 

 

J’ai eu plusieurs moments plus difficiles durant mon voyage! Entre autres, quand je suis arrivé en Inde, mes bagages étaient perdus. J’ai donc été une semaine sans mon sac à dos et mon équipement de photo, ç’a été toute une péripétie pour les avoir de nouveau! Les Indiens à l’aéroport ne connaissaient pas la ville de Ziro et ne savaient pas où les envoyer!

Un autre point difficile a été mon contact chez qui j’étais hébergé. En apprenant à le connaitre davantage, je n’étais pas très à l’aise avec la manière dont il traitait sa famille. J’ai passé un peu plus de trois semaines chez lui et la dernière semaine je l’ai passé chez une amie que je me suis faite là-bas.

Raconte-nous une anecdote de voyage.

 

 

Durant le voyage, j’ai rencontré deux femmes particulières, une de 95 ans et l’autre de 85 ans, qui ont été de meilleures amies toute leur vie! Je suis allée les voir plusieurs fois tellement qu’elles étaient attachantes. Leur gros plaisir à eux était de boire du whisky et de jaser! Quand j’allais là, on ne se comprenait pas du tout à cause de nos langages différents, mais malgré ça, on s’assoyait autour d’un feu, on buvait un peu et on riait de bon cœur!

 

Comment as-tu trouvé le contact avec les Apatani?

 

 

Les Apatani sont vraiment accueillants et surtout très curieux. La plupart ne comprenaient pas ce que je faisais là puisque la majorité des touristes restent dans le village seulement trois ou quatre jours normalement!

Ils sont aussi de nature très généreuse, je me rappelle que pendant un festival, je n’avais rien d’approprié à me mettre. Les gens m’ont donc prêté des vêtements traditionnels faits à la main et même des bijoux transmis de génération en génération qui valent une fortune. Cette population a vraiment un petit charme unique à eux.

Qu’est-ce qu’un mois à vivre avec les Apatani t’a apporté?

Je garde une grande admiration pour les femmes de la tribu. Quand je reviens chez moi, dans mes petites pantoufles, j’ai parfois de la facilité à chialer. Par contre, quand je compare la vie que j’ai à celles des femmes de cette tribu qui l’ont beaucoup plus difficile que moi, j’essaye d’apprécier davantage et de toujours garder en tête que je suis bien ici. Beaucoup de femmes n’ont pas la vie aussi facile.

J’ai aussi beaucoup amélioré mes talents de photographe. Je suis partie là-bas en me donnant comme défi d’apporter seulement des lentilles fixes pour prendre des photos de proche (24 et 50mm). Ça a été un énorme défi pour moi, car je n’avais pas le choix d’être à proximité et dans l’intimité des gens pour pouvoir les prendre en photo. J’ai donc beaucoup développé ma manière de rentrer en contact avec les gens et je crois que ça se dégage dans mes photos.

Comment s’est passé ton retour, te trouvais-tu changer par rapport à la personne que tu étais avant de partir?

C’est sûr que oui! Ça la fait de moi une femme plus indépendante. Avant, j’avais toujours voyagé avec mon copain et j’étais un peu stressé à l’idée d’aller seule en Inde, j’hésitais à me lancer dans cette aventure. Finalement, j’y suis allée et quand je suis revenue, j’étais extrêmement fière de moi. Même s’il y a eu des embuches durant le voyage, je crois vraiment que je suis revenue grandie de cette expérience et que ça l’a fait de moi une femme plus forte.

Si tu avais à refaire la même expérience, changerais-tu quelque chose?

C’est difficile à dire! Peut-être que j’aurais pris plus de temps pour mieux choisir la personne ressource chez qui j’allais être hébergé. Un coup rendu là-bas, c’est une région éloignée et très isolée, tu dois donc pouvoir faire totalement confiance à cette personne.

Que conseillerais-tu aux gens qui veulent faire la même chose que toi?

Comme dans n’importe quel pays où l’on voyage, il faut être respectueux. Essayez de vous informer un peu sur la culture des gens avant de vous déplacer. La plupart des voyageurs qui se rendent dans ce genre d’endroits veulent voir d’autres cultures ou vivre quelque chose de différent, il faut donc toujours garder cet objectif de respect en tête.

Il faut aussi toujours garder l’esprit ouvert et ne pas être choqué par ce qu’on peut voir. Par exemple, je suis végétalienne, les animaux pour moi sont donc très importants. Par contre, dans la religion de la tribu, pour invoquer les esprits, ça se passait par des sacrifices d’animaux auxquels j’ai dû assister. Je devais donc essayer de rester neutre et de me rappeler que j’étais là pour essayer de comprendre d’autres cultures et de voir d’autres manières de vivre.

Le Chamanisme est quelque chose qui m’a toujours attiré depuis l’adolescence lorsque je suis allée en voyage au Pérou. La manière dont ils sont connectés avec la nature, c’est une autre facette des Apatani qui me fascinait beaucoup.

On tient à remercier Cassandre pour cet incroyable témoignage ainsi que de nous avoir partagé ces fascinantes photos. Vous connaissez des gens qui ont une aventure qui mérite d’être partagée? Faites-nous le savoir en commentaire ou en nous écrivant sous l’onglet Contact.

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