Mon expérience marquante comme infirmière au Nicaragua

par | Août 19, 2016 | 14 commentaires

Certaines expériences nous poussent à nous dépasser plus que d’autres et j’ai envie de vous partager l’une d’elles qui m’a particulièrement marquée. Il y a moins de 2 ans, j’étais étudiante à l’université en science infirmière et j’ai choisi de faire un stage hors Québec au Nicaragua. Je suis parti d’ici le sac à dos bourré de matériel médical vers ce pays d’Amérique centrale pour une durée de deux mois. Rapidement, j’ai dû m’acclimater au pays et pratiquer mon métier dans des conditions qui seraient jugées inacceptables au Québec. Pendant 8 semaines, j’ai vécu chez une famille locale, je me suis inclus dans leur communauté et je n’ai pas eu d’autre choix que d’apprendre l’espagnol afin de pouvoir communiquer avec eux et accomplir mon travail.

Photodr--5Volcan Concepción, île de Ometepe.

Équipe médicale du village de Niquinohomo.

Pour vous mettre en contexte, le Nicaragua est un pays où règne une chaleur constante, où l’on se promène encore en calèche, où la richesse côtoie l’extrême pauvreté et où l’homme domine la femme sur tous les points. Dans la maison où j’étais hébergée, nous avons vécu une inondation, le linge était lavé à la main et j’ai mangé des “frioles” (fèves noires mélangées à du riz) pratiquement tous les jours! Aussi, l’absence d’eau courante et d’électricité faisait partie de notre quotidien. Le soir après 18h, les gens restent enfermé dans leur maison et les rues sont vides. Le Nicaragua sort tout juste d’une guerre il n’y a qu’une trentaine d’années et les habitants ont pour la plus part, gardé leurs habitudes de se protéger. Malgré ces conditions de vie qui peuvent sembler difficiles, j’ai eu la chance de découvrir un peuple très accueillant, où l’entraide dans la communauté est remarquable et par dessus tout, qui m’a beaucoup apprit.

Sans titreSéance de lessive à la maison.

Dès le lendemain de mon arrivée, j’ai tout de suite commencé mon travail d’infirmière dans une clinique de la ville de Grenada. Il est important de mentionner que le Nicaragua possède peu de ressources dans le domaine médical et le gouvernement accorde une très petite partie de son budget pour la santé, ce qui touche énormément la qualité des soins à la population. Dans les cliniques, je travaillais dans de très petites salles de consultations où l’on recevait trois familles à la fois. Il n’était pas rare d’effectuer un examen gynécologique à une femme en même temps qu’une autre infirmière réalisait une consultation avec une autre patiente de l’autre côté d’un petit paravent. Une bonne partie de mon travail consistait à aller visiter les familles directement dans leur domicile, qu’ils habitent en ville ou en campagne. Contrairement au Québec, les habitants vont très rarement consulter un médecin d’eux-mêmes, d’où l’importance d’aller les visiter directement dans leur milieu de vie.

Photodr-2Clinique médicale dans la ville de Grenada.

Photodr--4Salle de consultation et d’examen de la clinique. 

J’ai particulièrement apprécié le travail en milieu rural. Nous partions le matin dans une boîte de pick-up avec tout le matériel médical puis nous marchions dans les campagnes de famille en famille. Mon travail consistait majoritairement à évaluer si les enfants étaient suffisamment nourrit et si l’eau potable (qu’ils recevaient seulement une fois par semaine) n’était pas contaminée par des parasites. Le contact avec le patient était très différent d’ici, ils étaient très reconnaissants et il n’était pas rare que je terminais ma journée le sac à dos rempli de mangues et d’avocats que les familles m’avaient offert.

Sans titreeDépart pour les consultations en boîte de pick-up. 

Durant mes quelques semaines dans le pays, d’autres stagiaires et moi avons mis en place un projet de sensibilisation aux infections transmissibles sexuellement (ITS). Il faut comprendre qu’au Nicaragua, la religion chrétienne est omniprésente et il est tabou de parler de sexualité. De plus, le phénomène machiste (domination de l’homme sur la femme) augmente considérablement la quantité d’ITS et de grossesse non désirées, particulièrement chez les adolescentes. Nous sommes donc allés dans les classes pour parler de contraception avec les jeunes. C’était tout un défi d’aborder un sujet qu’ils n’avaient pratiquement jamais entendu parler de leur vie, le tout en espagnol!

Photodr--2Notre équipe durant notre présentation dans les classes.

Après deux mois passés dans ce pays formidable où les gens vous accueillent chaleureusement et les volcans côtoient la mer du Pacifique, je peux affirmer que j’ai adoré mon expérience. J’ai réalisé que j’aime pratiquer ma profession à l’étranger, relever des défis de taille et vivre dans une culture bien différente de la nôtre. Si jamais un jour vous avez l’occasion d’aller exercer votre métier dans un autre pays, je vous le recommande fortement, car cette formidable aventure m’a fait grandir et je n’hésiterais pas à la recommencer demain matin.

Photodr--8Au sommet du volcan El Hoyo après une journée d’ascension. Photodr--7Couché de soleil vu de la plage de San Juan Del Sur.

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